Conseiller à la Ville de Cowansville, Guy Patenaude s'intéresse de près au projet Trailbreaker. C'est à titre de «citoyen préoccupé par l'environnement» qu'il entend lancer un mouvement de mobilisation auprès des Cowansvillois, quant au danger potentiel d'inverser le flot de pétrole dans l'oléoduc Montréal-Portland.
Responsable des dossiers environnementaux au conseil municipal, M. Patenaude se montre ravi de constater l'engouement des citoyens de Brome-Missisquoi dans ce dossier. «Je donne de mon temps au Comité environnemental de Dunham, car je crois que c'est essentiel de bien renseigner la population», lance-t-il. Guy Patenaude invite les Cowansvillois à signer la pétition «Olé, olé, oléoduc» (disponible entre autres à l'hôtel de ville), exigeant une étude d'impact sur le projet Trailbreaker. Le texte complet sera disponible dans la prochaine édition du Guide. *** Voici une lettre d'un lecteur, Sébastien Breton, sur le dossier de l'oléoduc. . Qui pense à autre chose que l’économie? Les élus (es), les économistes et les dirigeants des pétrolières jouent à un jeu dangereux en saluant les entrepreneurs québécois voulant s’impliquer dans l’industrie des sables bitumineux de l’Alberta. Il y a de cela quelques semaines, c’était la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, qui les saluait. Et la semaine dernière, c’est le ministre des Ressources naturelles du Canada, Christian Paradis, qui «presse Québec de sauter dans le train», faisant ici référence à la mission économique qui aura lieu à Edmonton pour l’industrie des sables bitumineux. Nos deux ministres ici ne font pas seulement saluer les entreprises et vouloir tout faire pour qu’ils puissent «exploiter cette ressource à son plein potentiel», comme nous le disait M. Paradis la semaine dernière. Mais tout deux justifient leur position en nous disant que le Québec a des « technologies environnementales assez innovatrices » qui pourra aider à réduire les impacts négatifs liés à l’exploitation du pétrole issu des sables bitumineux… Quelles sont ces technologies environnementales? Quels effets auront-elles sur l’industrie? Qu’est-ce que ca apportera au autochtones environnants des sites d’exploitation? Qu’est ce que ca nous donnera à nous les citoyens vivants en bordure du corridor de l'oléoduc? À ces questions, pas de réponse. Pourquoi? Parce qu’on met l’accent sur la réduction des gaz à effet de serre (G.E.S) pour calmer l’opposition et ceux qui ne subiront aucune impacte sur leur qualité de vie si cette industrie va de l’avant avec le projet Trailbreaker. Sachez, Mme la ministre de l’Environnement et du DÉVELOPPEMENT DURABLE du Québec et M. le ministre des Ressources naturelles du Canada, qu’il est plus que temps d’aller au-delà de l’économie et du développement à tout prix. Les technologies vertes du Québec ne sont rien si l’industrie utilise toujours quatre barils d’eau potable pour en faire un de pétrole. Si les citoyens vivants aux abords du corridor de l'oléoduc se sentent en danger. Si les artisans, les artistes et les bâtisseurs de la route des vins se sentent bernés par une pétrolière qui ira de l’avant peu importe l’opposition. Début février, c’était au tour du président de l’Institut économique de Montréal, Michel Kelly-Gagnon, qui lui, comparait les 5% de G.E.S. des sables bitumineux (présentement strictement de l'Alberta) avec les 7% de l’agriculture pour tout le Canada. Tout en spécifiant que lui, sera de ceux qui agiront pour que cette industrie aille de l’avant et que les sites susceptibles d’être rentables soient exploités. Alors à ce régime, 5% fois le nombre de sites, on va surpasser l’agriculture en peu de temps. M. Guy Robitaille, directeur des opérations chez Pipe-lines Montréal, a présenté le projet des constructions des stations de pompage de Dunham et Potton comme des projets sécuritaires et écologiques. De notre côté, nous sommes en mesure de constater que les fuites/déversements ne sont pas rares quand on parle de station de pompage. Spécifions ici que le pipeline déjà en place est installé depuis 1956. Donc, un réseau « sécuritaire » de 54 ans d’âge. Dans les deux municipalités où on veut construire les stations de pompage qui augmentera inévitablement la pression dans ces secteurs du réseau, tous les citoyens dépendent de leur puits artésiens. Si il y a déversement et contamination du sol, plus personne n’a d’eau potable. Mais il semble qu’il ne faut pas parler de contamination à M. Robitaille. Lorsque j’ai abordé le sujet avec lui lors de la première séance d’information à Dunham, il m’a demandé « contaminer avec quoi!? » Alors comment voulez vous qu’on ne se sente pas méprisé par les élus (es), les économistes et les dirigeants des pétrolières quand on ne voit que le développement à court et moyen terme. Soyons donc innovateurs pour vrai. Investissons dans un réel développement durable, qui croîtra certainement plus lentement que les sables bitumineux mais qui pourra être une fierté, et non une honte pour le Québec et le Canada. Pour conclure, pour ma part, je n’ai pas de solution immédiate à proposer. Cependant, un ministre des Ressources naturelles qui nous dit qu’il a « vu des gens qui veulent se responsabiliser et qui sont en mode de recherche de solutions » n’a rien d’autre à proposer non plus, et ce qui est épeurant, c’est que pendant ce temps là nos gouvernements penchent du côté des pétrolières. Ainsi, le peuple et l’environnement sont encore une fois mis de côté et ce, encore une fois… au profit de l'économie! C’est maintenant qu’il faut agir pendant qu’il est encore temps! Sébastien Breton Dunham
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