Les agents immobiliers et les promoteurs ne redoutent pas les nouvelles règles sur les emprunts hypothécaires mises de l’avant par le gouvernement fédéral. Le marché immobilier va s'adapter aux dires des spécialistes. Les nouvelles règles affecteront-elles son évolution ? L'Express a sondé le terrain auprès de différents intervenants locaux.
Selon Steve Bruck, agent et courtier chez Groupe Sutton à Bromont, les mesures affecteront plus les vendeurs d’immeubles à revenus.
«Les mesures touchant les premiers et deuxièmes acheteurs auront finalement peu d’impact, le taux fixe de cinq ans étant somme toute déjà assez bas. Pour les ventes d’immeubles à revenus, la hausse de la mise de fonds à 20 % préviendra probablement la spéculation. À l’heure actuelle, il est fréquent que les vendeurs complètent le financement d’une transaction en consentant un prêt en seconde hypothèque à l’acheteur. En ajoutant 5 % à l’équation du financement, la pression ira sur eux».
Réjean Labarre, directeur de La Capitale Performance de Granby, n'appréhende pas de grands bouleversements. «Nous n’anticipons pas trop d’impact, car plusieurs suivaient déjà cette règle. Pour la majoration de la mise de fonds à 20 %, cela va contribuer à stabiliser les prix des immeubles à revenus».
Un service rendu aux premiers acheteurs
Les promoteurs de projets résidentiels de la région s’adressent à un marché mixte de premiers et deuxièmes acheteurs. Dans ce dernier cas, le remaniement des règles d'emprunt hypothécaire ne pose pas problème. Pour les premiers acheteurs, les changements sont positifs et arrivent un peu tard. «Que les règles se resserrent, c’est bien. Dans certains cas, le financement était devenu trop facile. Il est correct que les critères soient plus encadrés», indique Luce Deslauriers, de la Capitale Missisquoi.
Même discours pour les promoteurs immobiliers. «Ces changements sont justifiables. Dommage que ça prend le gouvernement pour rendre les prêteurs et les consommateurs plus responsables», déclare Éric Breton, promoteur au Domaine du Boisé de Bromont.
«La mesure susceptible de nous toucher un peu concerne l’utilisation du taux fixe de cinq ans pour établir la capacité d’emprunt, mais c’est une mesure prudente, et sans doute sage compte tenu des hausses possibles des taux d’intérêt», affirme Martin Duchesneau, des Habitations Duchesneau, de Granby.
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