Randy MacLean, du Massey-Vanier High School, Wendy Seys, du Yamaska Literacy Council, Pauline Lazure, coordonnatrice, Isabelle Gariépy, de la Ville de Cowansville, Karine Delage, du Carrefour jeunesse emploi des Cantons de l'Est, Sylvie Beauregard, de la SOFIE, Michel Fleury, de la Chambre de commerce de Cowansville et région, et Georges Courville, de l'Association des Townshippers, ont étroitement collaboré à la mise sur pied de la table de concertation.
Photo: Claude Hébert
Brome-Missisquoi fait de la lutte au décrochage scolaire une priorité régionale. Une vingtaine d'organismes et institutions publiques ont accepté de faire leur part et de joindre leurs efforts pour encourager la persévérance scolaire et accroître le taux de diplomation chez les jeunes. «La problématique du décrochage scolaire n'est pas nouvelle en soi et avait été ciblée l'an dernier dans le cadre de l'exercice de réflexion Vision Brome-Missisquoi 2008-2014. Réussite Montérégie, la Commission scolaire Eastern Townships et la Commission scolaire Val-des-Cerfs travaillent également là-dessus depuis des années, mais en vase clos, chacun de leur côté. Ce qui est nouveau, par contre, c'est l'élaboration d'un plan d'action communautaire pour trouver une solution au problème», indique la coordonnatrice de la table de concertation Partenaires Brome-Missisquoi Partners (PBMP), Pauline Lazure, en poste depuis trois semaines. Expérience concluante La région de Brome-Missisquoi n'entend pas réinventer la roue et compte notamment tirer profit d'une expérience fructueuse menée au Saguenay-Lac Saint-Jean par le Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire (CRÉPAS). Ce regroupement, mis sur pied en 1996, a réussi à mobiliser toutes les forces vives du milieu autour d'un objectif commun: la persévérance scolaire. «Notre rencontre avec des intervenants du CRÉPAS, l'hiver dernier à Jonquière, nous a permis de constater qu'il est plus facile de lutter efficacement contre le problème de décrochage scolaire lorsque les parents, enseignants, élus, fonctionnaires, chefs d'entreprise, directeurs d'établissement scolaire, chercheurs et communicateurs partagent leurs informations et travaillent ensemble», précise le directeur général de la Chambre de commerce de Cowansville et région, Michel Fleury. Sylvie Beauregard, de la Société de formation industrielle de l'Estrie, Randy MacLean, de la Commission scolaire Eastern Townships, George Courville, de l'Association des Townshippers et Karine Delage, du Carrefour jeunesse emploi des Cantons de l'Est, étaient également du voyage. Nombreux partenaires Les divers intervenants regroupés au sein de la table de concertation PBMP n'ont évidemment pas tous le même âge et travaillent dans des sphères d'activité aussi nombreuses que diversifiées. Malgré leurs différences, ils ont cependant au moins une chose en commun: la volonté de faire échec au décrochage scolaire. «Il est important que chacun se sente concerné et fasse sa part pour lutter contre ce fléau qui entraîne des coûts sociaux et économiques importants», insiste M.Fleury. Ce dernier estime qu'il faut tout mettre en oeuvre pour s'assurer que les étudiants de 12 à 25 ans, francophones ou anglophones, des secteurs régulier, professionnel court, professionnel long ou de l'éducation des adultes, puissent développer leur plein potentiel et s'accomplir. La MRC de Brome-Missisquoi croit au bien-fondé de la table de concertation et a accepté de lui offrir son soutien financier, par le biais du fonds du Pacte rural, jusqu'à concurrence de 20 000 $. Emploi Québec (10 000 $) et la CCCR (3 000 $ via les profits d'Opération nez rouge) lui accordent également leur appui. Ces subventions permettront notamment à la table de concertation de mener une campagne d'information et de sensibilisation au sein de la population et de la communauté d'affaires régionale par l'entremise des médias et des comités d'école. Actions concrètes La table de concertation envisage d'autres actions concrètes. Elle pourrait notamment faire pression sur les employeurs pour qu'ils acceptent de réduire la semaine de travail des jeunes qui étudient à temps plein. «La plupart des intervenants s'entendent pour dire que les étudiants risquent de compromettre leurs études s'ils passent trop de temps à travailler. Les avis diffèrent cependant sur le nombre maximum d'heures de travail acceptable. Certains proposent dix heures, d'autres douze ou quatorze, mais la question est loin de faire consensus», ajoute M.Fleury. La table de concertation étudie par ailleurs la possibilité de soutenir et former les parents afin qu'ils aient en main tous les outils nécessaires pour stimuler leurs enfants. «Les objectifs sont déjà définis en bonne partie, mais il reste à identifier les meilleurs moyens pour parvenir à nos fins», résume Mme Lazure. Le directeur général de la CCCR soutient que la communauté d'affaires a tout intérêt à supporter le travail de la table de concertation. «Les entreprises éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver des ressources humaines adéquates en raison du vieillissement de la population et du manque de main-d’oeuvre spécialisée. Elles ont tout intérêt à ce que les jeunes passent plus de temps sur les bancs d'école et obtiennent leur diplôme dans des délais raisonnables», insiste-t-il. Taux de décrochage L'économiste Pierre Fortin en est arrivé à chiffrer le taux de décrochage scolaire. Selon ce dernier, une personne sans diplôme gagnera en moyenne 25 000 $ par année durant sa vie. En obtenant un diplôme d'études secondaires ou professionnelles, elle porte à 32 000 $ son revenu annuel parce que ses chances d'occuper un emploi s'accroissent de 10 % et sa rémunération de 15,5 %. Sur une période de vie active de 45 ans, un diplômé touchera 420 000 $ de plus qu'une personne sans diplôme. Selon les données du ministère de l'Éducation, des Loisirs et des Sports, pour l'année 2007-2008, 39,4 % des étudiants du Massey Vanier High School et 21,6 % des élèves du secteur francophone de Massey-Vanier quittent les bancs d'école sans avoir réussi à obtenir un diplôme. L'école secondaire Jean-Jacques-Bertrand s'en tire un peu mieux avec un taux de décrochage scolaire de 12,6 %. Les garçons sont généralement plus nombreux (un sur trois) que les filles (une sur cinq) à abandonner les études sans avoir obtenu leur diplôme.
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